Histoire du VIH/Sida

MAINSBSL VIH SIDA Homophobie trans 411194527Plusieurs théories ont tenté de démontrer les origines du sida. Il a été établi que son apparition a eu lieu en Afrique Centrale et son éclosion, plus précisément, en République Démocratique du Congo à la fin des années 1950. Pour mieux comprendre, il est nécessaire de distinguer l’origine des virus et celle des épidémies. Le VIH est un virus qui s’apparente au virus d’immunodéficience simien (VIS), présent chez certains primates d’Afrique. C’est à la suite de la contamination de l’homme par le sang ou la chair de singe infecté qu’il y a eu une mutation de ce dernier, donnant naissance au VIH. Plusieurs facteurs tendent à expliquer la propagation de la maladie devenue une pandémie mondiale dont le VIH (souche de type 1) est responsable : stérilisation inadéquate ou inexistante de matériel médical, réutilisation de seringues utilisées pour la vaccination ou le traitement de certaines maladies, la mobilisation et le déplacement de certains individus ou groupes de population, la prostitution, les rapports sexuels non protégés, la pauvreté, etc.

Alors que la dissémination du virus est enclenchée en Afrique, le sida est officiellement diagnostiqué en 1981 aux États-Unis, suite aux observations de médecins de New York et San Francisco qui notent chez des patients homosexuels l’apparition de symptômes et de maladies communes : asthénie (fatigue générale), perte de poids, certaines formes rares de pneumonies et de cancer (sarcome de Kaposi). Ces observations sont validées par le Centre de contrôle et de prévention des maladies d’Atlanta (CDC) au cours de la même année. Au sein de la presse et des médias, on évoque alors une éclosion de «cancer ou peste gay». Cette terminologie est modifiée l’année suivante et l’affection est désormais désignée sous le terme de sida (syndrome d’immunodéficience acquise).

C’est en 1983 que sera découvert et isolé le virus, sans encore connaître son mode de réplication et ses mécanismes d’action. Par contre, on connaît les modes de transmission de celui-ci. Au Canada, c’est au cours de la même période que l’on recense le premier décès attribuable au sida. Les cas de gens infectés présentant des maladies opportunistes propres au VIH explosent. Dans le corps médical, les observations sur la maladie se sont accumulées au fur et à mesure, dans un contexte où le taux de décès relié au sida est en augmentation fulgurante. Fin 1984, début 1985, on instaure le premier test de dépistage des anticorps du VIH. Toujours en 1985, c’est à Atlanta qu’à lieu la 1ere Conférence internationale sur le sida. Le premier médicament utilisé contre le virus apparaît en 1987 : l’AZT. Au Canada, c’est l’époque des 4 H (Homosexuels, Hémophiles, Héroïnomanes et Haïtiens).

On observe une recrudescence de la peur associée à la maladie et surtout de la stigmatisation des malades (particulièrement envers les homosexuels qui constituent le majorité des cas diagnostiqués en Amérique du Nord et en Europe). À l’instar des États-Unis, qui interdisent l’entrée des personnes atteintes du VIH en 1987, plusieurs pays adoptent la même politique qui reste, aujourd’hui encore, en vigueur pour certains. Au cours des années 1990, débute la commercialisation de nouveaux médicaments contre le VIH et c’est en 1996, au cours de la Conférence internationale sur le sida, à Vancouver, qu’est dévoilée une nouvelle classe de médicament : les inhibiteurs de protéase. La trithérapie représente la nouvelle stratégie de traitement prônant la combinaison de trois antirétroviraux. L’amélioration de la santé des patients est spectaculaire et le taux de mortalité décroît. Malgré tout, la prise de médicaments reste un défi pour les patients. Des effets secondaires importants sont répertoriés, en particulier la lipodystrophie ainsi que la lipoatrophie (changements au niveau des graisses corporelles). Début des années 2000, on comprend mieux le phénomène de résistance du virus chez certains individus. Le test de la charge virale est élaboré et rendu disponible. C’est également le début de la prophylaxie thérapeutique chez les femmes enceintes infectées (PPE) qui, conséquemment, réduira considérablement le taux de transmission du virus de la mère à l’enfant.

La Conférence internationale sur le sida à Durban, Afrique du Sud, en 2000, illustre la désolidarisation et le déséquilibre entre les pays riches et les pays sous-développés. Ces derniers revendiquent l’accès aux antirétroviraux à des coûts accessibles puisque moins de 1% des personnes atteintes du virus y ont accès.

Au cours de cette décennie, plusieurs nouvelles classes de médicaments voient le jour, dont les inhibiteurs de fusion qui sont utilisés aux fins de sauvetage thérapeutique des patients ayant acquis des multi-résistances. De part le monde, les études se multiplient afin de trouver un vaccin. Lors d’une rencontre scientifique sur les rétrovirus à Montréal en 2009, on dévoile le cas en Allemagne d’un patient séropositif atteint de leucémie et qui, subissant une greffe de moelle osseuse provenant d’un donneur possédant des gènes résistant au VIH, deviendra séronégatif 3 ans après l’opération. Cet exemple démontre bien la nécessité de poursuivre les recherches.

Le sida a causé plus de 25 millions de décès dans le monde. Jamais n’aura-t-on observé, au cours de l’histoire, une telle mobilisation des ressources économiques, scientifiques et médicales dans la lutte contre cette maladie. Malgré la poursuite des recherches pour un vaccin, l’avènement de médicaments plus efficaces et d’une meilleure espérance de vie, on ne guérit toujours pas du sida. Les personnes qui vivent avec le VIH, autant hommes, femmes ou enfants doivent encore affronter les préjugés et tenir compte de nouvelles problématiques comme la criminalisation du VIH dans plusieurs pays.

ET SI ON SE SOUVENAIT? 1981 À 2009 QUELQUES FAITS :

  • 1981 Apparition du premier cas de sida aux États-Unis;
  • 1983 Découverte et isolement du virus (VIH);
  • 1984/1985 Mise en application du premier test de dépistage. Première conférence mondiale sur le sida à Atlanta. Décès de l’acteur américain Roch Hudson des suites du sida;
  • 1986 Création de la Société canadienne du sida. Mise en marché de l’AZT;
  • 1987 Première étude sur un vaccin. San Francisco/projet des Noms «La courtepointe commémorative du sida», pour perpétuer le souvenir des personnes décédées du sida. De nos jours, plus de 35 pays, dont le Canada, y participent;
  • 1988 Création du 1er décembre, Journée mondiale du sida;
  • 1989 Création du Comité des Personnes Atteintes du VIH/sida (CPAVIH) du Québec;
  • 1990 Création du Réseau canadien d’info-traitements sida (CATIE);
  • 1991 Décès de Freddy Mercury, chanteur du groupe Queen, des suites du sida. Création de la COCQ-sida (Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida). Création du Ruban rouge (symbole universel de compassion et de solidarité envers les victimes du VIH/sida);
  • 1992 Bi-thérapie : Association de médicaments (AZT, DDI, DDC). Création du Réseau juridique canadien VIH/sida;
  • 1993 Ça Marche/Fondation Farha/ 1ère édition de la Marche contre le sida à Montréal;
  • 1994 Naissance de l’organisme régional M.A.I.N.S. BSL (Mouvement d’Aide et d’Information Sida du Bas-Saint-Laurent);
  • 1995  3TC-antirétroviral développé au Québec. ONU-sida, instauration du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida;
  • 1996 Début de la trithérapie : arrivée des inhibiteurs de protéase. Amélioration remarquable de la santé des patients. Décès des suites du sida, du Dre Lucille Teasdale, chirurgienne canadienne ayant œuvré en Ouganda;
  • 2000 Conférence internationale du sida à Durban, Afrique du Sud : revendication pour l’accès aux traitements ARV dans les pays émergents;
  • 2002 Création du Fond mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme;
  • 2004 Épuisement des stratégies de traitements quant aux patients multirésistants. L’arrivée des inhibiteurs de fusion permet le sauvetage thérapeutique de ceux-ci;
  • 2009 Environ 20% des personnes séropositives ont accès à la trithérapie dans le monde.

Source utilisée : L’Essentiel du VIH/sida, Portail VIH/sida du Québec, 2ième édition, 2012


LE VIH/SIDA AU CANADA

Voici un bref portrait de ce qu’est le VIH AU Canada. Les informations et les statistiques présentées dans ce texte datent de l’année 2014.

  • Chaque jour, sept Canadiens contractent le VIH
  • Au Canada, les nouvelles infections par le VIH surviennent de manière disproportionnée chez les Autochtones (10.8%) et les personnes nées dans des pays où le VIH est endémique (13.9%)
  • Parmi les nouvelles infections par le VIH au Canada, une sur quatre touche une femme

Comment le VIH est-il actuellement transmis au Canada?

  • Relations sexuelles entre hommes 54.3%
  • Relations hétérosexuelles 32.6%
  • Utilisation de drogues injectables 10.5%
  • Relations sexuelles entre hommes ou utilisation de drogues injectables 2.5%

Prévention fortement efficace du VIH

  • Les condoms
  • La prophylaxie pré-exposition (PrEP)
  • Une charge virale indétectable
  • Les programmes de réduction des méfaits

Un traitement précoce signifie une plus longue vie.

  • Le traitement a prolongé l’espérance de vie des jeunes Canadiens et Canadiennes vivant avec le VIH et ces derniers et dernières peuvent maintenant vivre jusqu’à 70 ans.

On ne peut pas traiter les personnes non diagnostiquées.

  • 21% des personnes vivant avec le VIH, au Canada, ne sont pas au courant de leur infection. Plus tôt le VIH est diagnostiqué, meilleures sont les chances de vivre une vie longue et en bonne santé.

Source utilisée : Le VIH/sida au Canada, CATIE La source canadienne de renseignements sur le VIH et l’hépatite C, 2015

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