Histoires inspirantes LGBT+

helenaSalut, c'est moi, Helena, transsexuelle.

Si vous le voulez bien, je vais vous parler un peu de mon parcours. Reculons de quelques années. Dans le corps d’un homme pris avec des crises de colère à n’en plus finir et des angoisses à cause d'un refoulement qui a duré beaucoup trop longtemps pour sa petite âme de femme. Tout a commencé dès l'âge de 6 ans où plusieurs fois, je me suis fait prendre en train de me poser des questions au sujet de mon identité sexuelle. Regardant les filles jouer ensemble à la récréation, je les enviais. Je me demandais pourquoi je ne suis pas née ainsi puisque je m'identifiais fortement à elles. Bien sûr qu'à cet âge-là on ne prête pas beaucoup d'attention au fait de notre identité mais, dans mon cas, je me sentais quelqu'un d'autre comme si je vivais la vie d'une autre personne.

Durant le primaire, souvent je prenais plaisir à jouer avec les choses de ma mère. Prenant cela pour un jeu, elle n'y prêtait pas attention puisque ce n'était que passager. La plupart du temps je jouais avec mes jeux et mes jouets de garçon, mais ayant à l’esprit de devenir un jour la personne que j’étais vraiment. Être une femme pleine d'espoir et de confiance en elle pour vivre sa vie heureuse et épanouie. Durant toute mon enfance, je m'imaginais comment je pourrais être bien si je portais des vêtements féminins qui m'étaient défendus. Sans soulever les doutes de mon psychologue du moment, je lui demandais de me maquiller le visage avec de la gouache pour que je puisse ressembler à mon batteur favori qui était Peter Criss du groupe Kiss. Groupe que mon oncle m'a fait découvrir et que je me disais qu'ils en avaient de la chance de pouvoir être maquillés comme ça. Ils pouvaient même porter du vernis sur leurs ongles sans se faire juger alors que c'était impossible pour moi puisque l’on me disait que je n’étais pas une fille mais bien un garçon. Je ne comprenais pas pourquoi eux avaient le droit et pas moi. Dans ma tête, je criais à l'injustice sans toutefois tout comprendre ce qui se passait. Je n’osais pas en parler de peur de me faire humilier ou intimider puisque nous étions dans les années 70, où la trans-identité était tabou.

Ensuite est venue la période tant redoutée; l'adolescence! Ah, les belles années de la décennie 80. Enfin, ça dépend pour qui! Dans mon cas, ça a été l'enfer. Rejetée et intimidée durant tout le secondaire, ma réputation ainsi que ma confiance en moi en ont pris un sale coup. Renfermée sur moi-même avec comme seul endroit ma chambre où je pouvais avoir un minimum de tranquillité. Entre deux séances de raclées que mon père m'infligeait pour un tout et un rien, il n'était pas question de mentionner comment je me sentais à l'intérieur de moi ou, si vous préférez, d’exposer le fait qu’en réalité j’ai toujours été une fille. La catastrophe aurait pris naissance et je me serais retrouvée au bord du précipice. Pour calmer mes pulsions qui devenaient de plus en plus fortes et ainsi éviter les tentatives de suicide, je sortais la nuit avec mon vélo en quête de combler ce vide en moi. Parcourant les cours arrière à la recherche de vêtements féminins sur les cordes à linge laissés au grand vent l'été. Dans la pénombre, je m'empressais d'insérer les précieux morceaux de linge volés dans mon sac à dos. Heureusement que mes parents étaient divorcés sinon jamais je n’aurais osé faire une telle chose si mon père demeurait encore avec nous. Je vous laisse deviner la suite si je m'étais fait prendre.

Vient le temps où je suis devenue adulte et l'idée d'être une femme se faisait de plus en plus présente. Nous sommes dans les années 90. J'avais trouvé le moyen d'assouvir mes envies. C'était durant mes moments intimes que je prenais plaisir à fouiller dans la garde-robe de mes ex-blondes afin de me vêtir pour calmer mes pulsions et me sentir légère, me sentir bien. Avec le temps, je me suis fait des amis ou plutôt des connaissances. Je réussissais de peines et de misères à obtenir des emplois précaires puisque mon secondaire n'était pas terminé car j'en avais assez de me faire humilier et intimider par les autres élèves. Plus les années passaient, plus la vie me paraissait difficile. Les crises de colère s'accumulaient et mon cerveau se comparait à un champ de bataille. Le masculin et le féminin s'affrontaient sans relâche. Je n’arrivais plus à penser. Je me révoltais pour un rien et toutes situations me faisaient paniquer. Il était inconcevable que je sorte du placard. Pas question d'échapper quelques informations que ce soit qui permettraient d’éveiller un soupçon à mon égard. Toute ma vie a été une pièce de théâtre dans laquelle j'étais l'actrice principale jouant le rôle d'un homme.

En 1999, je rencontre une femme sur internet via mIRC, un logiciel avec lequel on pouvait clavarder sans toutefois dévoiler sa vraie identité. Plusieurs mois s'en sont suivis pour finalement aboutir à une rencontre. Tout allait bien, le bonheur total, mais peu à peu la guerre refait surface dans ma tête. Panique générale! Qu'est-ce que je fais? Tant bien que mal je réussissais à vivre ma vie et je tentais de m'intégrer dans la société dite «normale». Je me questionnais souvent. Je me demandais pourquoi, pourquoi je ne pouvais pas être moi-même? Pourquoi la vie me faisait subir de telles atrocités? Qu'ai-je fait pour mériter ça? Et même des questions plus dramatiques du genre; qu'est-ce que je fous sur la terre? Je suis inutile, personne ne m'aime, ne veut de moi. Je suis une moins que rien. M'isolant derrière mon ordinateur, je fuyais la réalité en surfant sur internet ou en jouant avec mes jeux où je pouvais choisir mon personnage qui était, bien sûr, féminin à chaque fois que le logiciel le permettait. J'adorais cela car je me transposais au travers de l'écran. Évidemment, dès que j'en avais l'occasion, j'enfilais les vêtements qui correspondaient à mon âme de petite femme qui ne souhaitait qu'à voir le grand jour et pouvoir crier haut et fort qui elle était. Ce jour arriva en 2009 suite à de nombreuses thérapies suivies pour traiter une violence qui grandissait à chaque jour. La torture était vraiment trop forte puisque plus souvent qu'autrement, quand nous allions magasiner et que nous parcourions les allées dans la section pour femmes, je me sentais frustrée de ne pouvoir toucher, essayer. Mon ex ayant flairé l'affaire, me demandait d'un ton accusateur et autoritaire : « Toi, je gage que tu veux devenir une femme avec tes manies et tes petites crises? » et c'est alors que tout a commencé. Avec cette question, elle m'a ouvert la porte. C'était le signe que j'attendais depuis longtemps. Comme si le ciel était favorable à ma demande cachée au plus profond de moi. C'est alors que je lui ai tout avoué. Évidemment, ma réponse ne lui a pas plu. Instantanément, tout s'est écroulé autour de moi. Jamais elle ne l'a acceptée. La séparation était imminente, elle s'est sentie trahie. Durant 11 années de vie commune, elle croyait que je ne l'aimais pas et pourtant...jamais, je n'ai aimé une femme autant qu’elle. Avec cette situation, j'ai compris que rien n'est acquis. Me retrouvant seule au monde, refaire sa vie à 39 ans n'est pas chose facile. Immédiatement, elle s'est refait un chum. Comme si dans sa tête je n’avais jamais existée. Tranquillement je me suis fait de nouveaux amis, mais cette fois en tant que femme. Devrais-je dire de nouvelles amies. Puisque oui c'était des amies de filles que j'avais. Beaucoup n’étaient que de passage, peu sont restées. Les personnes qui m'avaient connu dans le passé me disaient que j'étais le jour et la nuit. Que, de plus en plus, je devenais rayonnante. Ce qui n'était pas faux, bien sûr. Mes thérapies allaient bon train car au moment où j'ai annoncé mon trouble d'identité sexuelle à ma psy, tout de suite elle a embarqué avec moi dans mon cheminement. Parcourant internet à la recherche des protocoles pour les transitions puisqu'elle n’avait aucune idée de quoi je parlais. Au fur et à mesure des rencontres, les pièces du puzzle se mettaient en place. Les portes, une après l'autre, se sont mises à s'ouvrir. J'étais heureuse oui mais...et oui il y avait un mais. J'étais seule. Incapable de me trouver une partenaire de vie. Je me faisais repousser comme la peste. Souvent, j'ai eu des remises en question. Pourtant on m'avait mise en garde, mais je n’en croyais rien car j'étais bien sur mon nuage. L'ouverture d'esprit de l'équipe médicale en santé mentale y a été pour beaucoup. Les démarches en vue de la grande chirurgie se faisaient sans embûches apparentes, du début de l’hormonothérapie aux lettres de références.

Le 4 juin 2012, c'est le grand jour. Date à laquelle je deviendrais une femme complète, mais une semaine avant je voulais tout arrêter. J'étais tombée amoureuse d'une femme merveilleuse alors qu'elle était hétéro. Ça a été très difficile et je la remercie d'ailleurs de m'avoir épaulée le mieux qu'elle pouvait et de m'avoir aidée à aller de l'avant, car effectivement je ne pouvais revivre comme j'avais vécu dans le corps qui n'était pas le mien. Au retour de ma chirurgie, le 13 juin 2012, ma chum, cette femme au grand coeur, m'attendait. J'avais hâte de la revoir et elle aussi. Ma convalescence s'est bien passée. Quelques complications mineures mais rien d'alarmant. N’ayant pas grand-chose à faire, j’ai vu une annonce d’un groupe de femmes lesbiennes de 18 ans et plus sur facebook, je m’y suis inscrite. Qui sait, peut-être rencontrerais-je l’amour? On m'accepte à bras ouverts. Enfin après de nombreuses tentatives auprès des femmes, je me sentais des leurs. Mais ma confiance en moi n'était pas encore en marche, une femme vient me jaser.

Nous sommes en août 2012. Merde ça clique entre nous... que va-t-elle dire en me voyant? Va-t-elle me repousser? Comment va-t-elle réagir quand je vais lui annoncer que je suis une transsexuelle? Tout se bouscule dans ma tête. C'est la panique!!! Je me dis : « Merde!!! Faut que je lui dise la vérité...elle doit le savoir!!! » Je me lance tête première. À chaque inquiétude, elle la balaie du revers de la main. Quatre mois se sont écoulés à discuter ensemble. Vient le jour où je voyais bien qu'une adversaire s'intéressait à elle. La seule qui portait un intérêt franc de vouloir être avec moi. Je me devais de prendre ma place auprès d'elle. Décembre 2012, une tempête bat son plein. Ne reculant devant rien, j'embarque mon bagage dans la voiture et pars en sa direction à six heures de route de mon coeur. Arrivée à destination, c'est avec le coeur voulant sortir de ma poitrine que je vais à sa rencontre. Elle est belle, ma petite perle des neiges, là devant moi aussi gênée que moi. Le soir venu, c'est le moment que je redoute. Je dois enlever mon foulard sur la tête. Souffrant d'une calvitie, j'avais peur de sa réaction en voyant cela. J'appréhendais un retour précipité en direction de chez moi. Et bien, non. Elle me regarde avec ses yeux bleus d'une tendresse qui fait du bien. Le lendemain, elle m'avoue qu'elle a été surprise de voir une réalité qui me fait honte : le manque de cheveux. Nous avons passé les fêtes ensemble. Nous étions heureuses. Enfin je goûtais au bonheur tant attendu d’être en couple. Il ne me restait plus qu'à me trouver un emploi et ce serait parfait. Malgré le fait que j'étais une fille épanouie et positive, demandes après demandes, je ne réussissais pas à obtenir un emploi. Entre temps je faisais mes démarches pour le changement de nom et de sexe auprès de l'état civil. Heureusement, ça s'est fait sans trop de mal. Permis de conduire et carte soleil changés avec fierté. J’ai repris de plus belle les démarches afin d’obtenir un emploi, mais sans succès. Les employeurs me regardent d'un air questionneur se demandant qu’est-ce qui se présente devant eux. Souvent je me suis sentie comme une attraction d'un cirque nomade déambulant de ville en ville. À un point tel que j'ai tout abandonné mes recherches.

Été 2013, on me parle d'un programme qui aide les personnes avec une limitation fonctionnelle à se trouver un emploi. Je me dis : « Bah pourquoi pas!! » Je m'inscris et débute ma formation FAIT : Formation d'Aide à l'Intégration au Travail. Tout allait bien malgré qu’au fur et à mesure que j'avançais, je commençais à douter de la pertinence de cette formation puisqu'au moment de la recherche des stages, en février 2014, c'est la catastrophe. Personne, encore une fois, ne voulait me prendre même s’il y avait aucun argent en jeu. C'est alors que je pète un plomb solide. Suite à ça, on me parle de MAINS Bas-St-Laurent où ils seraient prêts à m'accueillir. Bien entendu ma méfiance est à son plus haut niveau en ce qui a trait au monde du travail. Nous nous présentons, mon intervenante, moi et mes frustrations au rendez-vous convenu. Tout se passe bien. Je commence mon stage un peu en retard par rapport aux autres de la classe. Dès la première journée, toute l'équipe m'accueille généreusement. À la fin de mon stage, de retour en classe pour terminer cette formation, j’avais de nouveaux espoirs pour obtenir un emploi car je savais qu’il y avait une ouverture à MAINS Bas-Saint-Laurent. Par contre, je devais trouver du financement pour mon salaire puisque c’est un organisme communautaire et que bien souvent, les ressources financières sont limitées.

L'été est passé sans toutefois obtenir un emploi. Je me bute toujours au même problème. Les préjugés de toutes sortes mais de façon sournoise, sans compter les difficultés rencontrées dans les différents paliers gouvernementaux pour changer mon nom. C'est alors que je me suis dit que MAINS Bas-St-Laurent pourrait m'aider. Je fais appel à eux et ils acceptent volontiers de me venir en aide. Après leur excellent travail, j'obtiens gain de cause. Il ne me reste plus qu'à faire des démarches pour enfin obtenir la subvention nécessaire pour être embauchée chez eux. Ça n'a pas été facile, mais je savais que ça en valait la peine puisque leurs valeurs rejoignent les miennes.

Le temps passe. Coup de téléphone; bonne nouvelle!!! J'ai ma subvention. Enfin, je vais pouvoir travailler, être quelqu'un et me sentir utile. Ce travail va me permettre d'aider les autres trans de la région grâce à mon expertise. En terminant je voudrais vous dire qu'il ne faut jamais perdre espoir et se battre. La vie en vaut la peine. Merci de lire mon histoire, je voulais vous la partager...bye bye et à bientôt :)

 


Audrey 21 ans, lesbienne

Je m’appelle Audrey, j'ai 21 ans et je suis lesbienne. Je viens d'une famille nombreuse, je suis la plus jeune avec mon jumeau d'une famille de cinq enfants. Étant jumelle avec un garçon, très jeune j'avais des tendances « tomboy », je m'habillais comme lui, je jouais avec ses jouets et délaissais les miens, je voulais être comme lui.

Je sentais que j'étais différente, j'aimais mieux tout ce qui était associé aux garçons. Mes parents ne se sont jamais inquiétés de ce comportement, de toute façon de quoi se serait-il inquiété ? C'est à mon entrée au secondaire que j'ai commencé à me chercher, qui suis-je vraiment ? Je me suis dissociée de mon jumeau, je voulais être qui je suis réellement. J'ai commencé à vouloir rentrer plus dans les normes, à être comme les autres filles du secondaire. Mais encore une fois, je ne me retrouvais pas. Je me suis révoltée, je voulais me démarquer, je voulais que les gens sachent que j'existais, que je n'étais pas seulement la jumelle de Nicolas ou la sœur à Sarah. J'étais Audrey.

J'ai rapidement expérimenté la drogue. J'ai commencé à me faire connaître, j'étais rendu la petite « tough », je me tenais avec du monde que j'avais l'impression d'être importante pour eux et pas seulement la sœur de tel ou telle. Tout comme les autres filles, j'ai commencé à m'intéresser aux garçons, je sautais d'une relation à l'autre sans comprendre ce que c'est vraiment l'amour. Je ne les aimais pas tant que ça, oui je les appréciais, mais je ne les aimais pas, je n'étais pas à l'aise sexuellement avec les garçons. Est-ce que c'est moi qui ne m'y connaissais pas ? J'allais peut-être m'habituer...

Je ne m'étais jamais vraiment posé la question à savoir si je pouvais être attiré vers les filles. C'est lorsque j'ai rencontré LA fille. Je ressentais des sentiments différents de mes relations amicales. J'ai appris à la connaître. Nous étions des amies inséparables, toujours ensemble, elle venait dormir chez moi sinon j'allais dormir chez elle. Quand elle n'était pas là, je ressentais un vide. Puis les personnes de mon entourage se sont mis à me taquiner... avoue que tu l'aimes... bah oui c'est mon amie !!

Je sentais qu'il y avait des rapprochements, mais également des réticences et des questionnements. Il y avait des rapprochements la nuit... on se collait... mais le lendemain matin plus rien, comme s'il ne s'était rien passé, mais je n'allais pas abandonner. Rien n'était clair, je ne savais pas si elle avait des sentiments pour moi et je n'osais pas lui parler des miens pour ne pas gâcher notre amitié...Comment réagirait-elle ? Pourquoi ne me donne-t-elle pas plus d’indices ? Est-ce que je devrais prendre les devants au risque de la perdre ? Je n'osais pas. Cela a duré un peu plus de trois ans.

 J'étais heureuse malgré tout, je l'avais à mes côtés et peu importe la place qu'elle avait dans ma vie, je voulais la garder. Et là, un soir nous étions chez elle, dans le sous-sol et son frère un peu plus jeune qu'elle lui avait dit comme ça : « Si un jour tu m'arrives que t'es lesbienne, je te renie !! ». Elle n'a rien dit. J'ai eu peur, sachant très bien la place qu'occupe la famille dans sa vie, tout l'espoir que j'avais s’est écroulé. Je ne pouvais pas lui faire ça. Je devais m'enlever CETTE fille de la tête, j'en étais rendue obsédée.

J'ai tout fait pour me l'enlever de la tête... j'ai coupé les ponts, je suis partie sans rien lui dire. J'allais faire ma vie sans elle c'est tout... ce n'était qu'une amour d’adolescence !! J'ai rencontré une autre fille, je l'aimais bien. J'ai officiellement annoncé à mon entourage ma réelle attirance pour les filles. Beaucoup n’étaient pas surpris, plusieurs me disaient qu'il était temps, que ça ne les étonnait pas... Ma famille on était d'un soutien énorme. Mes frères et sœurs étaient fiers que je m'affiche officiellement. Mon père presque trop content de la nouvelle m'a encouragé à faire ce que mon cœur me disait. Ma mère a eu quelques réticences... Mais au bout du compte ce qu'elle voulait, c'est mon bonheur.

Mes amies ont été moins ouvertes d'esprit que je le pensais. Quelques-unes avaient peur que je « trip » sur elle. D'autres ne comprenaient vraiment pas, elles ne voulaient pas y croire. Mais quelques-uns sont restés et m’ont soutenu dans mon orientation. Nous sommes emménagées ensemble ma copine de l'époque et moi, la vie reprenait de son cours.

Un peu plus d'un an passe avant que j'aie des nouvelles de Carolanne, puis un soir je me retrouve à une soirée avec sa sœur. Ouf tout refait surface !! Je l'aime c'est juste plus fort que moi !! Mais qu'est-ce que je vais faire ? Je ne peux pas tout laisser... j’essaie tant bien que mal de me l'enlever de la tête, mais j'en peux plus. J'allais souvent voir sa sœur, puis un soir, elle m'a demandé si j'aimais Carolanne ?... OUI OUI ET OUI !! J'en peux plus, il faut que je lui parle, je dois tout lui dire. Je l'ai fait et j'ai eu la réponse que je ne pensais jamais avoir : « Je t'ai toujours aimé, pourquoi tu ne me l’as jamais dit ? ». C'est exactement la question que j'allais lui poser.

On a recommencé à se parler régulièrement. Sur message texte, Facebook et Snapchat. La moindre occasion que j'avais pour lui parler je la prenais. J'en ai parlé à ma copine de l'époque, je ne pouvais pas continuer à lui cacher. Elle m'a dit qu'elle le savait, qu'elle attendait le moment que j'allais lui dire. Elle m'a donné un ultimatum, j'avais deux semaines pour me décider. Pour moi le choix était évident, mais je me sentais tellement mal de lui briser le cœur... Je devais penser à moi. J'ai tout laissé ce que j'avais, ça a été difficile, mais depuis tout le temps que je l’aimais !!!

À ce moment, j'ai réalisé l'ampleur de pourquoi j'étais partie... la mère et le frère de Carolanne ne l'acceptaient pas. Il était hors de questions qu'elle est une blonde, c'était inconcevable qu'elle ait des sentiments pour une fille, pour moi... L'attitude de son père était tout autre, un peu comme mon père, il ne voulait que le bonheur de sa fille ! On s’est fait discrète, mais on a tenu notre bout, avec le temps ça passé et nous vivons notre vie comme tous les couples. On est amoureuse et plus personne ne pourrait s'y opposer.

Ce que j'ai à vous dire c'est de ne jamais abandonner, de suivre votre cœur. Personne d'autre que toi ne fera ton bonheur, aime qui tu veux... ce n'est pas de gâcher sa vie d'être homosexuel, ce qui la gâcherait c'est de nier ce qu'on est vraiment... tôt ou tard ça te rattrapera.

 


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