Notre petite histoire

Histoire de MAINS BSL commence officiellement le 13 mai 1994 à Rimouski.

Ce jour-là avait lieu la première rencontre du Comité provisoire de ce qu’on appelait alors « le projet Organisme SIDA ». Le nom ne tardera pas, puisque la dénomination de l’organisme figurait tout en haut de l’ordre du jour. M.A.IN.S BSL est né! Sept personnes en sont les initiateurs et les initiatrices: Lise St-Pierre, Lise Gaudreault, Claude Gauthier, Fernand Horth, Patrick Dolcé, Pierre Pilon et Laurian Dupont

Ajoutons les personnes suivantes qui complètent le premier Conseil d’administration : Louis Levasseur, Luc Mc Nicoll, Jean-Pierre Paradis et Julie Talbot. C’est à ce moment que les mandats de l’organisme furent établis. L’impact du VIH était fort différent. Le VIH était encore empreint de peur, d’incompréhension et d’une très forte stigmatisation. Beaucoup associé à l’homosexualité, Il était impensable à ce moment d’informer la population de l’adresse tellement l’aversion envers les personnes vivant avec le VIH était puissante. M.A.IN.S BSL était la réponse logique au développement de lutte contre le VIH dans la région. Voici ce que rapportait M. Roger Malenfant, alors vice-président de la Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida (COCQ-Sida) le 9 mai 1995, devant le Comité permanent de la santé au Parlement d’Ottawa. Cela reflète bien l’esprit du temps :

Les résultats des dernières études qui ont été faites auprès des médecins sont absolument effarants. Je me souviens d'en avoir lu une où on disait qu'il y avait encore 40 p. 100 des médecins qui refusaient d'envoyer leurs enfants dans une école où il y avait un enfant atteint du SIDA. C'est assez renversant. On tombe de haut en lisant cela. C'est pourtant la réalité. Cela démontre que les médecins ne sont pas plus à l'abri que les autres couches de la population des préjugés véhiculés ou de la méconnaissance de certaines réalités.

http://www.parl.gc.ca/content/hoc/archives/committee/351/shiv/evidence/11_95-05-09/shiv11_blk-f.html

Depuis 2015, l’optimisme est omniprésent : on mentionne l’éradication du VIH comme possibilité, on projette la fin du virus, on remarque un ralentissement de la pandémie, on parle même de la banalisation du sida. Dans un passé pas si lointain, c’est la peur qui était dominante. Pratiquer l’amour c’était risquer la mort…

« J’ai vécu les sombres années où ce mal d’origine inconnue n’avait même pas de nom. J’ai vu des patients et des patientes aussi jeunes que je l’étais mourir dans des conditions terribles et le plus souvent rejetés par leur famille… Aux États-Unis, durant les premières années, certains surnommaient les malades du Sida les « patients pizza ». C’est que les soignants n’osaient pas entrer dans la chambre pour apporter à manger au malade et la pizza étant un mets très plat, on la glissait sous la porte.»

Ce que le sida a changé, Jean Pierre Routy, éditions Héliotrope, 2011, PII.

Il semble opportun de rappeler ces faits. Les jeunes des années 2000 n’ont pas connu cette époque. Ils n’ont pas les références des personnes qui ont vécu cette époque. Ils ne voient pas la différence.

À l’automne 1994, une première réunion spéciale pour lancer les opérations terrain s’organise. Le Comité provisoire, le Conseil d’administration et divers comités de travail sont alors créés. La première campagne pour la St-Valentin a eu lieu en 1995 avec le slogan «  Dans la vie, il y a des gestes d’amour qui comptent… » Ce slogan sera utilisé pendant 15 ans…

M.A.IN.S BSL commence son histoire et s’installe au Grand séminaire de Rimouski avec un loyer de 140.00$ par mois, chauffage et électricité comprise! Mi-novembre 1994 : un communiqué de presse annonçant la création de l’organisme fut diffusé. La première assemblée générale annuelle a été convoquée pour le 29 novembre 1994. Trente-deux personnes se sont déplacées pour assister à cette naissance. C’est à ce moment que les règlements de l’organisme ont été adoptés. On a réussi le tour de force de passer au travers de la première année d’opération avec des revenus de 5 990.00$. Aujourd’hui, le budget d’exploitation est de plus de 300 000.00$ !

Les premiers employés et employées de MAINS BSL sont Isabelle Lepage comme Directrice, Linda Morin Assistante et Laurian Dupont comme Travailleur de rue.

Durant la première année d’opération, des collaborations prennent forme et dureront longtemps. Première Marche Farha, échange avec MIELS Québec, création du programme Sida en milieu de travail, instauration d’un Travailleur de rue qui deviendra plus tard le Travailleur PARC, adhésion à la COCQ-Sida.

Un travailleur du nom de Jean-Michel Kastler commence une belle relation professionnelle avec MAINS BSL. Un mariage qui durera très longtemps… Décembre 1995 : MAINS BSL déménage au 176 rue Rouleau et on termine cette première année d’opération avec un Colloque régional à l’hôtel Rimouski.  1996 : Place au code d’éthique, aux cartes de membres, au fonds de dépannage, à la politique des témoignages, aux dépliants d’information. Même l’ordinateur de MAINS BSL se développe avec l’achat de deux MO de mémoire… Durant les années 90, il était facile de regrouper une foule de personnes à l’occasion des activités, particulièrement aux Marches de solidarité. Celle de 1996 à Rimouski parle d’elle-même…

En 1997 : Création du Journal interne appelé le Journal Ligne de MAINS. Nouvelle directrice générale: Lyne Gagné fut choisie parmi 106 candidatures reçues.

De toutes les activités, le Kiosque de Noël au Carrefour Rimouski et l’Escouade Caoutchouc sont celles qui perdurent le plus…

Un projet de Maison de répit retient l’attention en 1998. L’idée d’acquérir une maison fait son chemin.

L’histoire de l’organisme repose aussi sur l’histoire du VIH. L’apparition de la bithérapie, et en particulier de la trithérapie, change considérablement la donne. Plusieurs de nos membres ont vécu malgré eux, la méconnaissance du VIH. Plusieurs ont été comme des cobayes puisque certains ont reçu une médication trop puissante à cette époque où l’on ne connaissait rien du VIH, et ils en ont vécu les effets secondaires nuisibles. Les doses de médicaments trop fortes avaient des conséquences néfastes. Les doses étaient par la suite ajustées.

MAINS BSL déménage de nouveau en 1999, direction 138, rue Ste-Thérèse.  Quelques temps plus tard, en 2001, c’est le coup d’envoi de l’Unité mobile, un moyen différent de faire de la prévention et du dépistage.

Le Programme d’action communautaire sur le sida (PACS) voit le jour. Il s’agit d’un programme important de prévention du gouvernement fédéral. Août 2002, MAINS BSL déménage encore ses pénates. Direction 162 rue Lepage. Les employés et employées sont heureux d’emménager dans des locaux plus adaptés. 2003 : création du premier site web.

Par la suite c’est la période dirigée par Serge Dumont. Une phase marquée de beaux accomplissements. Plusieurs réalisations ont forgé notre histoire, parmi elles, le DVD En VIH de Savoir a été un grand succès. Quel bel outil! Sa distribution a dépassé les milliers de copies et certaines d’entre elles se sont retrouvées en Europe et aux États-Unis. Serge Dumont, Annie Lachance et l’équipe ont relevé ce défi avec brio. Le travail a été souligné avec deux prix d’envergure, dont le prix provincial : Mention d’honneur du Prix d’excellence du Réseau de la santé et des services sociaux en 2007; ainsi que le prix de reconnaissance de l’Agence de la santé et des services sociaux du Bas St-Laurent.

En 2008 c’est Jean-Francois Babin qui devient Directeur général. En 2009, le 15ième anniversaire a été un moment privilégié pour des rencontres variées. De nombreuses conférences et activités composèrent la programmation. Citons la venue du Docteur Réjean Thomas et l’installation multimédia de la Veille Électronique. C’est aussi à ce moment qu’une campagne de financement a permis d’acheter un véhicule tout neuf servant aux activités de l’organisme et aidant aussi à en faire une belle promotion…

Peu de temps après, une longue réflexion sur l’organisme s’initie. Il évolue vers l’élargissement de ses services : ajout du mandat de lutte aux ITSS, un mandat de lutte à l’homophobie et un pour le soutien à la communauté LGBT+. Cela entraine une foule de changements : lettres patentes, mandats, personnel, logo, cartes professionnelles, site internet, etc…

En 2013, autre étape importante : MAINS BSL se dote d’un Énoncé de valeurs qui guide les actions de l‘organisme. Les valeurs qui s’y retrouvent sont le mieux-être, la responsabilisation, le respect de la personne, le professionnalisme et la coopération…

En 2014, Anick Coté, étudiante en travail social et employée d’été créé la trousse d’information trans. Depuis ce temps, le document s’est bonifié pour devenir la célèbre Trousse d’information trans. Nous devons cette bonification à Marie Claude Castonguay, coordonnatrice des services trans du CISSS BSL, Isabelle Plamondon Agente LGBT+ du moment et à Andy Cyr Agent LGBT+, personnalité trans du Bas Saint-Laurent, BACHELIER EN SEXOLOGIE et pair-aidant. Au tournant de 2020, la trousse d’information trans informe et guide non seulement les personnes trans mais aussi leurs proches et les professionnels.

Devant ce succès, Audrey Allain Blais et Steeve Huet créent une stratégie de gestion de la trousse et mettent en place le poste d’Agent pivot entre MAINS BSL et les Services trans du CISSS BSL. MAINS BSL obtient une place au sein du Comité trans de l’hôpital de Rimouski, s’entourant par le fait même des professionnels de la santé tel que le psychiatre Serge Coté.

Au tournant de 2019, il est indéniable que les réalités trans font partie de l’ADN de MAINS BSL. Andy Cyr, personnalité trans et pair-aidant étoffe les services psychosociaux reliés aux personnes trans et leurs proches en mettant en place Georgio, le mannequin non-genré. Ce merveilleux projet donne la possibilité aux membres de voir les différentes prothèses disponibles.

Du 26 au 28 avril 2018 a lieu Les Rendez-vous de la Diversité : la région en tous genres. Durant ce moment inédit dans la ville de Rimouski, plusieurs panélistes et conférenciers se tournent vers les enjeux de la communauté LGBTQ2 en région. Pour l’occasion, trois grands thèmes sont proposés; les familles LGBT+, les réalités LGBT+ en région et les perspectives trans. Plusieurs organismes phares dans la lutte à l’homophobie et de transphobie sont présent dont Interlignes, Fierté agricole, Association LGBT+ Baie des Chaleurs, ID-est de l’UQAR, Trans Mauricie, Coalition des familles LGBT du Québec.

On veut aussi favoriser un rapprochement avec la population. C'est le moment idéal pour celle-ci de venir sur place et chercher de l'information.  On a tous dans notre famille élargie une personne que l'on connaît de la communauté LGBT+.  Pour mieux connaître cette personne, pour mieux connaître sa réalité, on invite également toute la population.
- Jean-François Babin, directeur MAINS Bas-St-Laurent

Pour l’équipe de MAINS BSL, 2016-2019 sont des années difficiles. Plusieurs organismes qui ont vécu aussi longtemps connaissent parfois ce genre de crise. En effet, à l’intersection des savoir-être et des savoir-faire, les idées s’entrechoquent s’ils ne sont pas canalisés. Durant cette période, en plus des compressions budgétaires, plusieurs membres de l’équipe quittent l’organisme.

En 2019-2020, l’organisme connait un renouveau avec le projet Les Lundis Selfie. Animés par l’agent psychosocial Steeve Huet, une douzaine d’invités sont interviewés sur la scène Bleue de la COOP Paradis. Provenant d’une subvention du ministère de la Justice du Québec, le projet doit faire le pont entre la communauté LGBTQ2 et la population. Un projet très populaire qui attire même l’attention de la France.

Une nouvelle approche systémique est considérée. Avec Les Lundis Selfie, l’importance des ALLIÉS devient une priorité pour MAINS BSL concernant la lutte à l’homophobie et la transphobie.

En 2020, Steeve Huet est invité par Fierté Montréal aux Conférences Fierté Canada Pride de Régina. Il est accompagné d’Isabelle Plamondon. La gestion de notre milieu de vie, inclusif et avec le droit à l’erreur est applaudi aux multiples conférenciers. Le terme safe space est réellement applicable chez MAINS BSL.

En route vers le prochain 25 ans…

Comme vous le constatez, la dernière décennie a été marquée par des changements de toutes sortes. La période pandémique de la COVID-19 fait entrer chez MAINS BSL de nouvelle technique d’approche de réduction des méfaits, d’intervention psychosociale et de prévention. L’un des défis est de passer au mode numérique. L’offre de service correspondant aux réseaux sociaux est une partie non négligeable de nos statistiques.

L’organisme s’adapte encore et encore…

Sous la Direction générale d’Isabelle Plamondon, en poste depuis mai 2019, l’organisme accélère la réflexion sur son avenir et se met en action. Correspondant aux nouvelles réalités en communication, MAINS BSL déploie ses Agents psychosociaux dans les médias traditionnels et modernes. Ainsi, régulièrement, des chroniques à la radio et aux Live Facebook sont devenues la norme en matière de communication.

MAINS BSL en bref…

  • Créé le 13 mai 1994

  • Premier président : Lauriant Dupont

  • Quelques batisseurs.es : Lise St-Pierre, Docteur Claude Gauthier, Vic Talbot, Rémy Bélanger de Beauport, l’artiste Roxane Nadeau, Valérie Ouellet et Jean-Michel Kastler.

  • Partenaire de longue date : COCQ-SIDA, Fondation FARHA, PCOC, TROC

  • Les incontournables : Le Kiosque d’emballage cadeau, Les Lignes de MAINS, La trousse d’information trans et notre présence dans les écoles, Maison de Jeunes, milieu de la santé

  • L’énoncé de valeur : Le mieux-être, la responsabilisation, le respect de la personne, le professionnalisme et la coopération…

  • Adresse en 2020 : 192 rue Saint-Germain Est, bureau 201, Rimouski

  • Droit à l’erreur : Milieu sécuritaire dans un contexte d’apprentissage par le respect et l’ouverture de ses membres. Il s’agit d’apprendre de l’autre dans tout ce qu’il représente.

Des personnes marquent aussi l’histoire. Outre les personnes déjà nommées, mentionnons : Mélissa Lévesque, Marie Josée Lavoie, Roger Fortin, Vic Talbot, Bruno St-Pierre, Martino Larue, Sylvie Gagnon, Laurent Gasse, Kathy Potvin, Reine Brillant, Marco Evans Cloutier, Patricia Burton, Amélie Beaulieu, Denise Desrosiers, Dany Proulx, Vincent Beaulieu, Virginie Beaudin Houle, Helena Maranda, Anick Côté, Isabelle Plamondon, Lisa Audet, Christine Jacques et tellement d’autres gens qui ont contribué à faire une différence dans la vie de bien d’autres personnes… La construction et le déploiement de MAINS BSL passent aussi par tous les stagiaires présents depuis les débuts. Considérés comme des collaborateurs et collaboratrices, des bâtisseurs et bâtisseuses et les amis et amies de MAINS BSL. Les bénévoles sont des anges qui donnent d’eux-mêmes pour bâtir un monde plus beau, avec plus de libertés.

Merci! Merci! Merci!